![]() |
Les affaires du royaume allaient très mal ces temps-ci. Les ministres étaient soucieux: le peuple de Paris devenait nerveux, les gardes avaient subi un petit bombardement de fruits pourris, devant la grande grille du château royal. Louis XIV, le monarque absolu, ne s'en préoccupait pas, il se croyait hors de danger, malgré le remu-ménage qui croissait de jour en jours. Tout cela était du, sans aucun doute, à la mort de Colbert, qui avait péri suite à une maladie inconnue. Louis XIV était comme perdu sans son ministre des finances, il ne savait plus s'il devait continuer les importations ou reprendre les exportations. Il lui fallait nommer un autre ministre des finances au plus vite mais personne n'avait la performance de Colbert. |
Moi, François, je n'étais que son valet de chambre, mais mon poste me permettait d'en savoir beaucoup sur la situation en ce moment. Un jour, Louis XIV reçut une lettre anonyme, sans aucun cachet: "Y' a-t-il assez d'argent dans le royaume? Le peuple en doute." N'ayant toujours pas arrangé les problèmes financiers, il commença à s'inquiéter. La lettre pouvait venir de n'importe qui! Il ordonna d'augmenter les impôts, croyant que tout s'arrangerait mais il reçut par la suite d'autres lettres menaçantes.
| Louis XIV se méfiait de plus en plus des gens qui l'entouraient, même les plus fiables. Il ne sortait de sa chambre que pour aller dîner, n'allait plus se promener dans les jardins parmi les courtisans, ni à la chasse, il n'avait plus confiance en personne, sauf en moi. Un soir, il m'appela: | ![]() |
"Mon brave François, tu sais ce qu'il se passe dans le royaume, n'est-ce-pas? me chuchota-t-il.
-Oui, sire, lui repondis-je.
-Très bien. Tu vas essayer de découvrir qui est l'auteur des lettres de menaces que je reçois.
-Oui, sire, mais par quels moyens? lui demandai-je.
-Fais comme bon te semble, mais découvre cet auteur! me lança-t-il. Espionne, suis des personnes qui te semblent suspectes, même si se sont des nobles.
-Bien sire, je ferais de mon mieux pour vous satisfaire."
| Le lendemain et tous les jours qui suivirent, j'éxécutai les ordres: je trouvais des raisons pour me déplacer dans tout le château, je m'arrangeais pour être là quand des nobles discutaient entre eux... | ![]() |
Et tous les soirs, je faisais mon rapport au Roi-Soleil, bien que je n'eus rien découvert. |
![]() |
Un après-midi, alors que j'apportais des draps à la buandrie, j'entendis des chuchotements au bout du couloir. Je déposai les draps sur un fauteuil qui se trouvait là et m'approchai silencieusement des chuchotements. Je restai caché dans l'ombre afi d'écouter sans être vu: |
"Quand pensez-vous qu' "ils" vont passer à l'action? demanda l'un des deux hommes qui se trouvaient là.
-"Ils" sont très discrets, vous savez, "ils" ne disent à personne ni l'heure ni le lieu! C'est bien trop dangereux, imaginez que Louis apprenne ce qui lui est réservé! Je sais seulement que le couloir entre le petit salon et l'antichambre serait parfait, "elle" s'y rend souvent. murmura le deuxième homme.
-Oui, je les comprends, pour monter un coup pareil, il faut avoir du courage! Mais nous ne devrions pas parler de cela ici, venez donc dans les jardins, annonça le premier.
-Vous avez raison, allons-y."
Je ne pus identifier les deux hommes, j'étais trop caché. Je m'empressai de regagner les draps que j'avais posé; les deux hommes ne m'avaient pas vu. Je couru jusqu'à le buandrie, déposai les draps puis repartis trouver le roi dans sa chambre (il n'en sortait plus a présent) et lui rapportai ce que j'avais entendu.
"Va dans le couloir et essaie de trouver quelque chose, m'imposa-t-il."
| Je sortis de la chambre, puis passai dans la galerie des glaces qui était magnifique mais un peu inquiétante lorsque le jour tombait, ce qui était le cas. Je continuais mon chemin pas très rassuré. | ![]() |
Il faisait maintenant presque nuit et les couloirs du château étaient déserts, tous étaient au bal masqué organisé dans la salle de bal. |
![]() |
Je m' avançai doucement pour ne pas faire de bruit le petit salon se trouvait juste en face de moi, a dix mètres environ. L'antichambre du roi était a ma droite. Le couloir dont avaient parlé les deux hommes se trouvait a quelque mètres vers la droite. Je continuai et le vis, ce couloir, calme très sombre plutôt inquiétant. Je m'arrêtai: des bruits de pas très légers se faisaient entendre. |
| Je me précipitai vers ma gauche dans un autre couloir. J'essayais de me ressaisir. Le silence revint puis, j'allais m'avancer lorsque j'entendis quelque chose tomber sur le sol et une sorte de cri agonisant... J'étais tétanisée de peur...N'entendant plus rien, je m'approchai en tremblant du couloir puis m'arrêtai. Je m'assurai qu'il n'y avait toujours aucun bruit. Il faisait nuit et le couloir était mal éclairé. Je sentis des sueurs froides... Lentement, je pivotai et me retrouvai dans le couloir. A ma grande stupéfaction, il y avait sur le sol un tapis rouge qui n'y était pas lorsque j'étais passé a peine 5 minutes plus tôt! Je trouvais cela très louche... | ![]() |
![]() |
Je marchais sur le tapis lorsque je sentis quelque chose de dur sous mon pied... Je regardai au sol, et vis une petite bosse sur le tapis, il y avait quelque chose dessous... doucement, je m'accroupis et soulevai le tapis...Ce que je découvris me glaça le sang: la petite bosse était un poignard couvert de sang encore liquide et tout autour, une flaque de sang! |
Je pris le poignard dans ma main et remis le tapis en place. C'est alors que je compris: le bruit sourd que j'avais entendis ainsi que le cri n'était autre qu'une personne qui venait de se faire poignarder. Ce qui m'intriguait, c'est où était-elle cette personne? C'était comme si elle s'était volatilisée. Je ne connaissais pas de passage secret près de cet endroit mais il devait sûrement y en avoir un. Je mis le poignard dans ma poche et commençai a tâter le mur pour trouver l'ouverture d'un éventuel passage. J'allais renoncer lorsque je vis une fissure sur le lustre accroché au mur. Intrigué, je posai ma main dessus et tirai sans faire exprès; alors le mur coulissa très doucement. Derrière je découvris la victime poignardée: la maîtresse secrète du roi, Mme de Maintenon, gisant par terre, couverte de sang. Elle avait été poignardée à la poitrine.
| C' était écoeurant de voir cette jolie femme si jeune dans une robe bleu pervenche avec une énorme tache rouge vif sur la poitrine. Je ne savais pas ce que je pouvais faire, j'étais presque témoin d'un meurtre sans connaître l'auteur qui d'ailleurs avait disparu! Je finis par me décider, j'allais reposer le poignard sous le tapis et refermais le passage. Je regagnai rapidement la chambre du Roi-Soleil. Arrivé devant la porte, je frappai. Personne ne répondis. Je frappai de nouveau. | ![]() |
Inquiet, j'entrepris d'ouvrir la porte et tout doucement, dans l'ouverture je vis le roi agonisant dans son lit, couvert de sang lui aussi! Et autour de lui, des hommes habillés de noir s'affairaient, il prenait les bijoux sûrement. Horrifié, j'allais prévenir une personne de confiance, la reine. Je courus jusque dans la salle de bal. Lorsque j'arrivai, je m' efforçais d'avoir l'air naturel mais après tout ce que j'avais vu je ne me sentais pas très bien. Je finis par rejoindre la reine qui me connaissait un peu. Je la suppliai de ma suivre pour lui exposer la situation , ce qu'elle fit. Après mon explication, elle faillit s' évanouir! Mais il nous fallait faire vite pour piéger les meurtriers, alors je lui donnai une petite giffle, elle se ressaisit et nous allâmes trouver la garde royal. Discrètement, nous les amenâmes devant toutes les portes de la chambre du roi, et, lorsque les assassins sortirent, ils furent piégés! Le lendemain, ils étaient enfermés dans la Bastille, après qu'ils aient avoués leurs crimes. Un point m'intriguait, pourquoi avoir tuée Mme de Maintenon mais je n'avais pas assez d'importance pour poser la question directement au tueurs. La reine m'expliqua qu' après avoir tué Mme de Maintenon (qui était la maîtresse du roi) les meurtriers pensaient que Louis XIV céderait au trône mais il se croyait trop supérieur, c'est ce qui l'avait perdu. Louis XV prit alors la succession du trône et je regrattais toute ma vie de n'avoir pu sauver le Roi-Soleil, bien que je fus nommé ministre des finances.
