J' étais dans la cuisine, avec les autres cuisiniers, en train de préparer divers plats pour le banquet qui avait lieu ce soir, pour l'anniversaire du roi, Louis XIV. Tous les nobles et bourgeois y étaient invités et même les serviteurs du roi pouvaient manger au banquet… Pour une fois que "Monsieur" était de bonne humeur ! Il faisait beau aujourd' hui et le chateau brillait en toute beauté.

On voyait dans le lac le reflet des arbres et du ciel ; c' était splendide ! Onze heures sonnèrent : j'entendais le roi descendre suivi de deux de ses serviteurs. Il allait à la messe dans la chapelle non loin du chateau. Le peu de fois que j'y avais été, j'avais admiré son plafond richement décoré et la statue de la Sainte-Vierge que je trouvais magnifique.

J'allais bientot aller à la messe moi aussi, car il ne fallait surtout pas manquer ce moment, mais dans la petite chapelle construite dans le chateau, destinée aux serviteurs, cuisiniers, jardiniers, … Le roi n' y venait jamais. Il disait que ce genre de petite chapelle n'était pas destinée à une personne de son rang !. La messe fut finie et le roi rentra. Tous les cuisiniers, cent environ, s'activaient pour les plats… Les heures passèrent et bientot, toute la cours était présente. Quand on annonca l'arrivée royale, le roi n'apparut pas… Soudain, on entendit des cris qui provenaient de la chambre de Sa Majesté.

Moi, qui étais en train de poser quelques mets sur la table, je me précipitai vers les escaliers qui menaient à la chambre royale. J'ouvris la porte
sans frapper, ce que je n' aurais pas du faire en temps normal, et je vis le roi allongé sur son lit, à moitié évanoui. A coté de son lit, il y avait un couteau…

Je me précipitais sur le roi, pensant qu' il était mort et m' imaginant tout un tas de choses horribles… Les autres serviteurs, ainsi que quelques personnes de la cour avaient accourus et quelques uns d'entre eux s'étaient évanouis à l' idée du sang. Un médecin arriva. Je remarqua alors que le roi n'avait rien, qu'il s'était juste évanouit et j'en déduit alors que le couteau n'avait été utilisé que pour lui faire peur. Le médecin mit un linge humide sur la figure du roi ; Celui-ci se réveilla tout de suite en sursaut. Je lui demandai alors :
- Que s'est-il passé, Votre Majesté ?
- Un… un… un homme… est venu et m'a menacé de m'étriper si je disais
quoi que se soit à quelqu'un ! Je ne puis rester ici plus longtemps… Il m'a
déshonnoré, il m' a volé ma chère couronne…
- Calmez-vous, dit doucement le médecin… Votre Majesté, il faut vous
reposer quelques temps, répliqua-t-il… Quelques jours dans votre chateau à la
campagne, vous feraient le plus grand bien !
- Soit, soit…

Je me posais tout un tas de questions à propos de cet horrible vol… Je tournais en rond dans la chambre du roi, pendant que quelques personnes étaient autour de lui, à le réconforter. Puis, je vis un petit morceau de papier dépasser de sous le lit… Je
le pris discretement et le depliai soigneusement :

Votre Majesté,
Si vous dites, ne serait-ce qu'un mot à quelqu'un… Je vous promets de vous étriper
et de vous faire souffrir…

Je fus terrifiée quand je vis ce mot… Qui aurait osé faire ça ?… Bref… J'allais mener ma propre petite enquète… Après tout, si je réussissais à coincer le voleur, le roi m'en serait reconnaissant… Je descendis… Au coin des escaliers, je vis trois petites portes ouvertes…

Je savais que chacunes d'entre elles menaient à des endroits différents… Mais je vis, au coin de la troisième, un petit diament qui appartenait à la couronne…

Pourtant, la troisième porte menait aux sombres escaliers dans lesquels personne n'osait aller… L'endroit que tout le monde craignait, un endroit sombre, silencieux et ennuyant… Cet endroit ou l' on était enfermé par simple plaisir du roi ou si l'on avait pas respecté une loi… Cet endroit était le cachot… Dehors, on pouvait admirer la statue de Louis XIV sur son cheval…

Je me décidais à monter… Je traversai un grand couloir et montai les terribles escaliers !…

 

J'entrai dans le couloir mais soudain, la porte se referma derrière moi et une voie retentit :
- Tu n'aurais pas du essayer de jouer les "héroines"…
Je n'osais pas me retourner… Mais la curiosité l'emporta sur la peur… Je vis alors un homme barbu, se portant bien, avec un air mauvais et des traits physiques bien marqués, qui me regardait dans le blanc des yeux… Je ne savais pas quoi dire, ni penser mais je tentai la ruse :
- Je…je cherche le voleur de la couronne du roi... j'avais pensé m'associer avec lui… je… Moi aussi, je n'en puis plus de la mauvaise humeur du roi…je…
Il me coupa la parole
- Que dis-tu là ?… Est-ce bien vrai? Tu serais alors capable de m'aider à prendre le pouvoir…?
- Euh… Oui, pourquoi pas…
Il réfléchit un moment, douteu, et dit :
- Je "t'engage" à mon service !
J'étais à la fois contente d'avoir réussi à le convaincre et embarrassée. Je redescendit dans le salon et aidai à apporter le dessert sur la table… C'est alors
que je m'approcha du roi… et je lui chuchotai :
- Votre Majesté…
- Ah… Vous… Vous êtes celle qui s'est précipitée sur moi, parait-il ! Je vous en remercie profondément !
- Oui… Votre Majesté, j'ai à vous parler très sérieusement.
- Est-ce qu' une cuisinière peut s'entretenir avec le Roi ?
- Non, mais c'est très important…
- Bon, je vous dois quelque chose, alors si vous y tenez… Il sortit de table en s'excusant. Je lui expliqua tout du début jusqu' à la fin. Il restait
immobile, bouche bée…
- Mais alors, comme vous me l'avez décrit, ce serait……
Il n'osa pas pronnoncer le nom… Il accepta alors de "m'aider"… Je remonta vers le voleur et lui dis mon "plan".
Nous arrivames tous deux dans la salle ou le banquet avait lieu… Je fit semblant de prendre le roi en otage et l' emmenai dans un lieu sur. Je criai alors
- Attrapez le !
Le voleur fut ligoté et le roi apparut… Il s'approcha du voleur et lui dit :
- Alors moi qui vous faisais confiance, mon frère, et vous qui me trahissez… Vous serez pendu demain, dès l'aube, et je n'aurais aucune pitié !
Son frère, le fameux voleur, le regardait d'un air méchant… Quant à moi, le roi me remercia et me nomma cuisinière en chef ! La couronne fut retrouvée dans la cave et le banquet fut reporté au lendemain.