
Le soleil, à son zénith, brillait dans un ciel d'été sans nuages. Louis XIV profitait du calme de cette matinée pour se promener dans les jardins de Versaille.Il contemplait tout autour de lui. Seules quelques femmes en belles tenues se trouvaient aux alentours. Elles feignaient d'admirer le magnifique château, mais le but de leur venue était tout autre, et Sa Majesté le savait.

L'une d'elles, vêtue de blanc, tenait une ombrelle. Elle s'approcha de lui et pronnonça ces mots:

"Votre Majesté, je suis Mademoiselle de la Tour. Quelle surprise de vous voir ici ! Vous n'êtes pas à la chasse ?
-Non, le roi a besoin de calme pour réflechir, répondit-il sèchement.
-Je vois, dans ce cas je vous quitte"
Elle fit une petite révérence et partit.
Le roi continua sa promenade. Le canal du château, bordé d'arbres en fleurs, rappellait la belle saison. Les papillons volletaient dans les airs. Tout était tranquille. Sa Majesté scrutait l'horizon.

Il fut interrompu dans sa contemplation quand un valet arriva en courant:
"Sire, sire ! Mme la Reine a tenté de se suicider ! Elle ...
-Le roi n'a que faire de pareilles sotises! Il ne se déplacera pas pour cela!
-Bien, votre Majesté" dit le valet en se retirant.
Et le Roi continua sa promenade, sans la moindre inquiétude sur l'état de sa femme. Pourquoi une telle désafection ? Savait-il quelquechose ?
Quelques jours plus tard, Mme de la Tour organisa un salon. Quelques femmes nobles échangeaient leur idées. L'hôte servit elle même un thé à la reine. Elles discutèrent quelques minutes et la reine prit congé. Elle devait se préparer pour assister à une réception le soir même.
Le Roi et toute la cour étaient présents. Le dinner servi et un court discours pronnoncé par l'hôte, tous s'assirent à table. De joyeuses conversations emplissa ient la salle d'un énorme brouhaha. Mme la Reine, en bout de table, semblait songeuse et se montrait inhabituellement silencieuse... Tout à coup, on la vit s'écrouler. Les discussions s'arrétèrent. Chacun retenait son souffle. Un valet courrut chercher le medecin sur ordre du roi.
Enfin, le spécialiste arriva. La victime oscultée, il révéla gravement sa mort : il ne pouvait l'expliquer que par les effets du poison.
Le jour suivant cette mort étrange, la cérémonie de l'enterrement eut lieu. Le roi, en belle tenue, assis sur son trône, observait vaguement ses sujets. Mais une femme retenait son attention. Où l'avait-il vue ? On aurait pu la confondre avec la reine tant son port était fier, dans sa robe de soie noire.


Oui, c'était cela ! C'était la femme qu'il avait rencontré lors de sa promenade, quelques jours auparavant. Elle ne semblait nullement triste de la mort de la reine."Pourquoi cela? La reine avait-elle à nouveau tenté de se suicider? Mme de la Tour avait-elle quelque chose à voir avec cette mort ? Ou bien l'avait-elle volontairement provoquée? Dans le but de remplacer la reine, peut-être? Et si ce n'était pas elle, qui aurait pu vouloir cette mort ? Ma femme ne se trouvait pourtant pas d'ennemis!" Toutes ces hypothèses s'asssemblaient dans la tête du monarque. Il ne savait pas par quel bout commencer.
Le lendemain, se promenant dans la galerie de glaces, le roi fut interrompu par le médecin. Il lui anonça que la mort de la reine avait bien été provoquée par un poison.



"De plus, lui dit-il, la fouille des appartements nous a permis de retrouver le coupable de ce meurtre. Je peux en effeet appeller cette mort ainsi. Nous avons découvert cette petite fiole de verre chez Mme de la Tour. Elle contient du poison, et cette cuillère aussi, rettrouvée dans son salon, a oxygéné au contact du liquide qui a tué la reine. Cela prouve que...
-Ah, c'était donc cela ! Mme de la Tour s'est servie de la tentative de suicide de la reine pour élaborer ce plan. Elle croyait pouvoir obtenir sa place! je revois encore ma pauvre femme, couchée dans son lit, morte. Tout cela était donc de la faute de cette femme !"
