En ce matin ensoleillé de 1680, le train-train journalier de Versailles battait son plein . Les grands jardins étaient fleuris et un envoûtant parfum baignait latmosphère .

Louis XIV, le roi-soleil régnait en ce temps-là . Son emblême, le soleil, le représentait éblouissant et puissant .

Ce jour-là, le roi venait de se lever et les valets et les servantes s'affairaient autour de lui . Quand il fut habillé, il alla prendre son petit déjeuner en marchant majestueusement .

Après
avoir bien mangé, il réunit ses ministres dans son cabinet où
ils commençèrent à parler de choses et dautres, quand
soudain, le grand chambellan fit irruption dans la pièce,
affolé .
-<< Excusez-moi sire, la reine a été empoisonnée ! Elle est maintenant dans sa
chambre, haleta-t-il .
-Par le diable, est-ce vrai ? ! sécria le roi . Allons
examiner cela messieurs.>>
Ils sélançèrent alors, mais à peine avaient-ils franchi
le pas de la porte quun hurlement retenti dans tout le
château . Cétait un cri à vous glacer le sang : suraigu
et inhumain, il crevait les tympans . Cétait comme si le
temps sétait arrêté, plus personne ne bougeait, tous
étaient terrorisés. Soudain, le hurlement cessa aussi
brusquement quil avait commencé . Tout de suite, le roi
ordonna à des gardes de chercher lorigine de ce cri, mais
la recherche ne donna rien . Lui et ses ministres se dirigèrent
vers la chambre de la reine en passant par la galerie des glaces
qui amplifiait le son de leurs pas .

En se questionnant sur létrange cri, ils entrèrent dans la chambre de la reine et se figèrent net : la chambre était déserte .

-<<Mais où
est donc la reine ? demanda le roi, intrigué.
-Attendez sire, je vais la chercher !>>répondit un
ministre. Il revint quelques instants plus tard :
-<<Rien sire, personne na vu sa majesté, et elle nest
nulle part>>
Ils examinèrent alors la chambre . Tout était bien rangé à
lexception dune petite gourde qui attira leur
attention car elle contenait un liquide dune couleur
étrange .

-<<Dites à
mes spécialistes dexaminer ce produit ! commanda le roi.
-Sire, la cour sinquiète de ces faits ! dit alors un des
ministres.
-Mmh
annoncez quil y aura un bal masqué ce soir à
huit heures .>> répondit le roi .
Et donc, il y eut un bal masqué le soir qui détendit
considérablement latmosphère . Pourtant, une personne ne
partageait pas lallégresse générale. Cétait le Duc de Bransbourg .

Il se questionnait
toujours sur la disparition de la reine et décida daller
se coucher sans manger. Alors quil se dirigeait vers son
appartement, il entendit le claquement dune porte et sarrêta.
<<Tout le monde est au bal masqué, qui peux bien se promener par
ici ?>>se demanda-t-il .
Il décida daller voir . Le bruit était venu du haut
dun sombre escalier en colimaçon .

Il grimpa les marches et arriva devant une petite porte quil ouvrit . Il se retrouva alors dans une chambre somptueusement décorée. Sur un meuble, une horloge en or indiquait 9h24 .

Sur le couvre-lit bordeaux étaient posés deux couteaux .

Le Duc était en train dexaminer les couteaux quand il entendit quelquun qui montait lescalier dun pas lourd et lent . Il entendit la personne arriver sur le palier , la poignée tourna, la porte souvrit doucement et il vit apparaitre des souliers cirés avec des chaussettes en dentelle, une longue robe en soie noire, une taille fine et élégante, des mains blanches, un col majestueux en dentelle, un collier de diamants, des cheveux roux soigneusement coiffés ; et oui, cétait la reine en personne qui venait dentrer dans la chambre .
-<<Oh,
Majesté !dit le Duc en sinclinant
-Monsieur le Duc de Bransbourg ! Vous avez donc trouvé ma
cachette !
-Votre cachette Majesté ?
-Mais voyons, vous devez avoir deviné maintenant, jai fait
une farce au roi avec la complicité du grand chambellan ! Le
cri, cétait une flûte inventée par lui-même, et la
gourde, elle contient du poison pour faire croire à cette
histoire dempoisonnement !
-Pardon ? ? ? répondit lhomme, complètement éberlué.
-Avez-vous donc perdu la notion du temps ? Nous sommes
aujourdhui le
jour du rire !>>
Le Duc éclata de rire . Puis il dit :
-<<Excusez-moi majesté, mais le roi est terriblement
inquiet à votre sujet !
-Cest vrai ! Je descend de ce pas lui raconter ma farce
!>>
Elle descendit alors lescalier en riant . Ce soir-là,
Versailles tout entier sesclaffa toute la nuit .
Lacoque
Sylvie